Dédicaces:

Yann : Trop top

Gerlia31 : big dédi au treekatek!!

Jeremtek : Trop bon le son continuez comme ça

Arnartek : La meilleure des radios

OopaLoompa : HARDCOOOORE !

REPORTAGE : ON A FAIT LA FETE AVEC LES PIONNIERS DE LA FREE-PARTY ESPAGNOLE

Article écrit par Trax

soiree REPORTAGE
Reportage : on a fait la fête avec les pionniers de la free-party espagnole

En Espagne, le mouvement de la free-party émerge depuis une dizaine d’années à peine. Là-bas, tout est à faire. Les colectivos sont aux commandes, la techno résonne à grands coups, les fêtards se perdent dans des coins de nature psychédéliques. Direction Barcelone, une carrière de sable dans les montagnes, pour une rave des origines.

« El sitio es de la puta madre. » C’est le dernier texto qu’on a reçu avant de sortir de l’autoroute entre Barcelone et Tarragone. Après le « panneau avec une main qui fait stop », un chemin de terre mène au lieu de la fête, une carrière de terre sableuse. La pluie vient de s’arrêter. Le ciel est bas. Au centre d’un trou béant cerné par des dunes artificielles trônent les enceintes du collectif Dirty Basstard’s. Il est 19 heures. La fête a commencé la veille, et une vingtaine de danseurs s’agitent devant les caissons protégés par des bâches bleues et le DJ qui mixe du hardcore pour l’apéro.

L’exemple français

Accueil de jour chez les Dirty Basstard’s : « Hein, qu’est-ce que t’as dit ? » « J’ai dit : le son tabasse ! » C’est le moment de s’éloigner pour siroter une San Miguel. Au menu, des pommes de terre sautées, à table dans le camtar, et la bière offerte par la maison. Derrière le mur d’enceintes, c’est le coin des DJs. Les gars du collectif ont la vingtaine et sont tous très joyeux comme Cisco : « La police est venue il y a trois heures. Ils nous ont juste dit de ne pas rester trop longtemps, il y aura peut-être des contrôles », raconte-t-il, détendu. Il parle de la France comme de l’eldorado de la teuf. « Ici, on fait ça en petit comité, il n’y a pas beaucoup de soirées, ce n’est pas comme en France où, tout de suite, tu as 500, 1 000 ou même 2 000 personnes ! ».

Pour sa première free, Marie-Alix, qui fait de la photo et étudie le journalisme, ne perd pas une miette et scanne tout ce qui l’entoure. Sa jeune oreille tente d’analyser les sons. Pas facile de distinguer les différents styles. Au fil de la teuf, elle se laisse bercer et finit par danser, les yeux fermés. « C’est vraiment un autre monde, on a le sentiment que les gens sont là pour tout oublier. »

« La différence avec la France, c’est l’expérience. Vous, vous avez des pères. Nous, on apprend encore. »

Mishu, du collectif Boykore

Un air de rave à l’ancienne

La nuit tombe et les boucles étranges se succèdent au rythme des booms fluctuants. Les gars des Dirty Basstard’s se refilent les machines et les platines. Le type qui veut dormir peut toujours essayer, la puissance de frappe du mur d’enceintes s’étend à perte d’oreille. Vers 7 heures du matin, Mask Gravos, l’invité d’honneur des Dirty, lance son live acid mental. Ses sombres nappes de synthés embarquent les danseurs du petit matin. Une dame de cœur fait tourner le jupon de sa robe rouge sans complexe. Son pote vêtu d’une chemise multicolore tout droit sortie d’une friperie new-yorkaise s’en amuse gentiment. Ici, le dress code est plutôt « trashy », avec ce faux air de rave à l’ancienne. Des gens très différents ont atterri sur cette même planète de sable et de son avec la ferme intention de se distraire.

10 heures, le soleil commence à chauffer les nuques. Mask croise son copain Mishu du collectif Boykore. Ils se racontent les anecdotes délirantes de la nuit. « Ici, il n’y a pas de règles écrites. La loi, c’est celle des gens et du respect mutuel », explique Mishu. Il embraye sur la petite histoire des soundsystems en Espagne. « La différence avec la France, c’est l’expérience. Vous, vous avez des pères. Pour nous, c’est beaucoup plus récent, on apprend encore. » Il regarde la fête avec bienveillance. « Tu vois, c’est propre. Et je suis content de voir des jeunes, c’est la relève. Comme ça, je me repose un peu ! » Son collectif existe quand même depuis 2007, pas si inexpérimenté. « Aujourd’hui, on fait des plus grosses fêtes mais moins fréquentes. Les gens ne s’en rendent pas toujours compte mais il faut parfois une année entière pour tout organiser, réunir l’argent, l’essence, le matériel nécessaires à une free party. Tout se fait par étape, et après, boom ! » À cette heure-ci, les yeux commencent à fatiguer, la fête a été belle. La planète de dunes des Dirty Basstard’s s’autodétruira un peu plus tard dans la nuit pour renaître un autre jour, ailleurs. La free party espagnole ne veut pas grandir trop vite.

Article écrit par Trax

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